Laëtitia-May LE GUELAFF
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"BESTIAIRE(S)", Concarneau, 2014

Chapelle St Fiacre


Exposition regroupant les peintures animalières de "Where The Wild Things Are…", quelques sculptures du Projet Artistique Peter & The Wolf, ainsi que diverses illustrations et sculptures.
Crédits Photo de l'affiche : Marc Salmon et Fabi Bescou.

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"WHERE THE WILD THINGS ARE…", St Malo 2013

Hommage à Maurice Sendak (1928 – 2012)


« Where The Wild Things Are… » est le titre original de l’album illustré pour enfants de Maurice Sendak « Max et les Maximonstres », décrivant les aventures imaginaires d’un petit garçon nommé Max, furieux d’avoir été envoyé dans sa chambre sans dîner. Max porte dans ses aventures un déguisement de loup et rencontre de nombreuses créatures féroces et sauvages.

A travers ce titre, qui peut se traduire en français par : « Où se trouvent les choses sauvages », je propose au spectateur de partir, tout comme Max, à la rencontre de telles créatures ; de se plonger dans le regard animal, sauvage, agressif, mélancolique, parfois empli de tristesse. Dans ces regards, ce sont nos propres comportements qui sont interrogés, souvent in-humains, violents et barbares envers les animaux. Le monde sauvages, la sauvagerie, n’apparaissent pas forcément là où on l’attend.

Comment l’environnement qui nous entoure façonne notre comportement, entre fascination, peur et dégoût ?

Comment certaines formes, réalistes ou non, peuvent renvoyer à différents imaginaires, du poétique à l’horreur ?

Où se situent les limites de la fracture entre l’homme et l’animal ?


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"PIERRE ET LE LOUP", St Malo 2012

Exposition des premières sculptures et réalisations sur le projet "Peter & The Wolf" lors du forum des Arts de St Malo. Le projet est une collaboration étroite entre l'illustrateur Nicolas Guesdon, l'artiste sonore Guillaume Chappez et moi-même.
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FORUM DES ARTS 2011, St Malo

Création d'une sculpture de 5 mètres de hauteur
" Kentoc'h adaozañ eget saotrañ " (Plutôt recycler que polluer) est une transformation de la devise bretonne " Kentoc'h mervel eget bezañ saotret" (Plutôt mourir que d'être souillé).
Cette sculpture est réalisée en métal, grillage et est recouverte de palstique recyclé. À l'intérieur, la structure est éclairée par 4 L.E.D.
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"ONCE UPON THE WOLF…"

Exposition à
Imagine Gallery en 2010

Cette exposition a eu lieu à la suite d'une Résidence d'artiste de 3 mois à Pékin. Elle comprend la réalisation d'une dizaine de sculptures métalliques ainsi que quelques dessins.
Certaines Photos ont été réalisées par le photographe néo-zélandais
Justin Spiers.
La bande sonore de l'exposition, contenant 4 pistes originales, a été composée par le musicien, auteur , compositeur
Rémi Starck.

La sculpture "Femina Feminae Lupa" a été inspirée par les illustrations de Béatrice Tillier pour la couverture originale du 1er tome de la bande-dessinée "Le Bois des Vierges", paru aux éditions Robert Laffont.


Béatrice TILLIER :

Illustratrice de bandes dessinées (Fées et Tendres Automates,
Le Bois des Vierges avec Jean Dufaux)
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"L'ATTENTE DU CHAT" 2011

Pour visiter la galerie de photos
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Pour accéder à chaque illustration à l'aquarelle
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Cette exposition comportait toutes les illustrations qui composeront l'ouvrage poétique de
Marie-Josée Christien "L'Attente du Chat", ainsi que de nombreuses autres illustrations.
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Z.O.O.O. 2007

Zone d'Observation Ontologique et Onirique

Exposition réalisée avec l'artiste plasticienne
Caroline Gillot.
Une multitude de peluches recyclées, détournées ou crées étaint mises à disposition du public afin de susciter un questionnement sur le rapport que l'être humain entretient avec les animaux.



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C.O.S.M.E. 2005

Exposition Collective et évolutive à la
Galerie Artem (Quimper)
Pour visionner la vidéo du photographe
Dieter KIK sur l'exposition cliquer ici








AU COMMENCEMENT DE COSME

il y avait la maturation lente et silencieuse d'un organisme en devenir, promesse à terme, d'une éclosion en forme de découverte quand la structure même de la maison première se fissure, trop exigue pour la créature qui s'y étire.

Ici, on ne peut tabler sur le stade effectif de la croissance ni même sur le temps de gestation d'une éventuelle figure maternelle. Quelqu'un ou quelque chose a enfanté cet objet qui pour l'heure ne tient que sur un état futur, un état d'être à venir. De ce temps en transit, en proie à une métamorphose façonnante, sommes-nous seulement en mesure d'en observer le cocon. Celui-ci s'agrippe littéralement aux parois du mur dans un de ces recoins que la nature aime investir pour déposer ses œufs ou pour accoucher. Et il y a tissé sa toile, réseau complexe de fils tendus, entrecroisés, ramifiés qui subdivisent l'espace et que l'on prendra garde de ne pas heurter. Bête à poil ou à plume, la coquille velue est percée d'antennes peut-être venimeuses, tenant à la fois de la peluche et du monstre. L'objet singulier, mi-végétal mi-animal, encourage à l'étreinte autant qu'à la prudence oscillant entre une réalité concrète basée sur les seules propriétés techniques des matériaux comme une constellation ontologique et une définition imaginaire magique voire diabolique qui nous transporte à l'intérieur de cet objet comme un lieu de pure projection.

En faisant référence à des processus organiques, l'installation rend compte d'une vie matériaux, une vie ralentie et à demi cachée, sur le rythme persistant d'une pulsation interne de l'épiderme.
Au terme du modelage des chairs, la surface s'est réduite comme une peau de chagrin au point d'en dégonfler le volume jusqu'à son affaissement. Ci-gît, l'enveloppe matricielle abandonnée là comme une mue. De l'expérimentation physique liée au regard, au toucher et à des phénomènes dépassant la perception immédiate, "Omne Vivum ex Ovo" ouvre des possibilités de sensations de sentiments et de concepts. Si l'œuf est le lieu de toutes les transmutations, il est aussi le siège d'une origine qui nous appartient tous et dont les vestiges s'arpentent ici comme on redescendrait à travers soi. En ce sens, l'art est-il autre chose que ce temps de la maturation, maturation du faire et du penser ? La figure de l'artiste en tant que créateur entend – au-delà du jaillissement sauvage de l'Idée attribué volontiers au génie – l'instant de la couvaison qui serait une fécondation spirituelle. En ce sens, l'acte de création est un accouchement. L'œuf de Cosme, objet anthropique, est au même titre que tout organisme structuré, engagé vers le chaos, celui-même qui causera sa perte. Et l'œuf finira par se rompre dans la mesure où s'expliquant de lui-même, il contient sa propre fin.
Voici la métaphore de la création au sens large :
Donner la vie
Donner corps à l'œuvre.

En regard de la coquille entoilée, s'inscrit à même le mur ce qui pourrait figurer l'exacte réplique de la précédente installation si ce n'est dans une représentation bidimensionnelle comme une coupe transversale. Ici, l'ovoïde, centre de la fresque, dévoile ses entrailles, entrelacs stylisé de formes et de couleurs interpénétrées, du dessin appliqué au laisser faire des matières aménageant des zones hasardeuses. Et le réseau des lignes tremblées s'expanse par delà l'architecture au-dessus de nos têtes, fuyant à travers les plafonds comme un fil infiniment démêlé jusqu'à former des nœuds, points d'ancrage de la toile réelle qui si elle sclérose l'espace en modifie pour le même coup les données.


L'œuf comme contenant faisant office d'écran, la créature qui y mûrit s'annule au regard comme une non-présence, tenue pour vraie par ses seules propriétés métonymiques comme la voile suppose l'embarcation. A ce stade de l'histoire, Cosme n'abrite aucun pensionnaire et la maison de fer, abri de fortune est une inhabitation, n'offrant nul domicile si ce n'est au vent qui s'y engouffre. Les hauts de Hurlevent sont déserts et on y numérote les inhabitants comme des prisonniers invisibles, peut-être une façon de lancer des appels.
Une maison esseulée a quelque chose d'un fantôme. La scène de Cosme est parcellaire, immanquablement percée de vides ou de non-dits comme une part manquante. Depuis notre observation, les figures se dérobent, absentes de ce qui constituerait leur lien avec la maison vide, attendues au dérivées avec l'œuf ou à demi camouflées derrière des images avec "Pas vu/ pas pris" qui, ironiquement, table sur un motif éventuel qu'il s'agirait de reconnaître. A savoir maintenant si l'œuvre d'art doit être vue pour être saisie. Cosme sous-entend que l'œuvre ne consiste pas uniquement en des objets tangibles mais également agissantes, comme un sens du possible.

En ce sens, les élucubrations du "Coussinconscient" sont à la fois de tout le monde et de personne comme une superposition éclatée de nos pensées intimes, celles que l'on s'adresse ou que l'on subit, continuellement. Ici, l'installation nous propose d'en faire l'expérimentation physique donc consciente, de se rendre disponible et d'écouter pour un temps ce qui nous traverse avec une attention inédite. L'objet à appréhender est donc de l'ordre de l'image mentale, renouvelée et actualisée successivement et subjectivement. Ici le coussin du point de vue de sa fabrication devient le support de l'activité sonore qui s'y joue, et le tricot la condition d'une introspection puisque chacun de nos actes, a fortiori un acte manuel, s'accompagne du libre court de nos pensées.
De cette universalité du discours, toutes ces paroles ne parviennent pas à trouver leur bouche, à la fois dessoudées de leur origine et par là même d'un certain sens du réel.


Enfin , de cette même interrogation sur ce qui serait à voir, il y a des socles vides. Voici sans doute le parti pris le plus radical de l'exposition sur cette question de l'invisibilité de l'œuvre dans la mesure où le socle, au même titre que le cadre, est l'un des signes les plus ostensibles de l'Art. N'est à voir que ce que l'on tient usuellement pour réceptacles, réceptacles d'œuvres qui ici font défaut. Les différentes pièces de "Circulation 2" s'inscrivent dans l'espace blanc de la galerie au point de s'y tromper.
Les dites œuvres, privées d'indices de désignation, opèrent certains effets de camouflage au risque de les négliger voire de les prendre pour ce qu'elles ne sont pas : étagères, comptoir, vestiaires…
Rappelons que l'œuvre d'art ne répond à aucun principe utilitaire. L'Art ne sert à rien.
Dès lors, cette oeuvre-ci, déroutante puisque montée à l'envers, opère sur un autre mode que le stimulus visuel. Son champ d'action se situe au niveau du corps du spectateur qui pour le coup y entre de plein pied et s'engage véritablement dans une prise de mesure de l'espace. A partir de là, l'objet minimal consiste en ses modules, en l'espace alentour et en la déambulation spatio-temporelle du spectateur, mieux, du visiteur. En redéfinissant les volumes existants, l'installation, véritable art du bâtir, délimite des zones d'occupation et balise une trajectoire à parcourir au point d'informer directement sur nos pas.


Si "Circulation2" n'est pas vue, elles est physiquement traversée. La sculpture devient une pratique territorialisante. Il s'agit "de marcher l'œuvre" autrement dit, la marche devient une réalisation spatiale comme la parole est une réalisation sonore du langage. Cette approche est de l'ordre de l'énonciation, où chacun se met à réciter l'espace. Ce dernier est donc bien une donnée plastique, manipulable.


Témoin d'une invisibilité, Cosme se joue sur les interstices comme le garant d'une image totale du microcosme au macrocosme.


Aurélie Noury